BAJAZET
En considérant Le Théâtre et la peste

Figure majeure du théâtre de ces quarante dernières années, phare artistique pour la nouvelle génération de metteurs en scène, artiste engagé, Frank Castorf a dirigé la mythique Volksbühne de Berlin pendant plus d’un quart de siècle. Pendant tout ce temps, nous l’attendions, guettant ses rares apparitions en dehors de Berlin. Libéré de sa charge, il peut enfin présenter ses œuvres en tournée et nous l’accueillons avec une relecture de Bajazet de Racine. Un théâtre puissant dans lequel les images tournées en direct et le jeu scénique se répondent pour créer des moments de théâtre d’une fulgurance exceptionnelle. Événement !

Au cœur de la tragédie, tout comme dans les textes d’Artaud, c’est la parole qui est mise en cause. Par le mot, les existences vont jusqu’à l’implosion, mais c’est aussi par le mot, point incandescent, que l’individu se découvre à lui-même. Un sérail à Constantinople, soumis à l’autorité absolue d’un sultan sans pitié. Un homme, le frère, emprisonné, menacé de mort pour ne pas nuire au pouvoir en place, mais doublement aimé. Castorf, grand maître de la discordance, propulse dans la fable ses acteurs fétiches, Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin, en état d’urgence, multiplie les angles de lecture, digresse pour mieux éclairer. Chez Racine, la parole tue. Chez Artaud, elle fait naître. La parole théâtrale de Castorf quant à elle n’en finit pas de révéler…


EXPOSITION À BONLIEU
CASTORF-MACHINE
en écho à la création de Bajazet
DU MAR. 4 AU SAM. 22 FÉV.
entrée libre
Frank Castorf est considéré comme l’un des grands artistes européens du dernier demi-siècle, mais son œuvre prolixe et son art de la mise en scène restent mal connue en dehors des frontières de l’Allemagne. À l’occasion de la création de Bajazet – en considérant Le Théâtre et la peste, d’après Jean Racine et Antonin Artaud (création Vidy-Lausanne, 30.10-10.11), le Théâtre Vidy-Lausanne a conçu une exposition parcourant les grandes données esthétiques et politiques de son théâtre. S’inscrivant dans une lignée de metteurs en scène qui réunit Erwin Piscator, Bertolt Brecht, Heiner Müller ou Matthias Langhoff, le théâtre de Frank Castorf a pour principal sujet la vie contemporaine, ses contradictions et ses dilemmes. Castorf se nourrit d’histoire et de littérature pour proposer des montages et des adaptations libres de pièces de répertoire ou de romans. Ceux-ci servent avant tout s’interpeller soi et à interroger le présent, à révéler les apories ou les clichés qui finissent par masquer la réalité concrète de l’existence. Son théâtre se caractérise par des passages rapides d’une trivialité frivole qui confère au grotesque à une lucidité d’analyse sociopolitique saisissante, une maîtrise des rythmes scéniques et cinétiques et par l’état d’urgence dans lequel semblent plongés les acteurs, amenés « au bord du précipice », là où leur savoir-faire se met au service de leurs instincts et de leurs intuitions. La scénographie est souvent monumentale et mobile, superposant les références littéraires, cinématographiques, historiques et contemporaines. Enfin, Castorf a très tôt exploré les possibilités dramaturgiques de la vidéo en scène, proposant aux spectateurs un second point de vue sur les scènes, filmées au plus près des comédiens.Né en 1951, Frank Castorf a débuté sa carrière de dramaturge et de metteur en scène en Allemagne de l’Est dans les années 70. Il devient directeur de la Volksbühne de Berlin après la réunification allemande en 1992 et le reste jusqu’en 2017. Sous sa direction, ce théâtre, dont il prolonge l’héritage de proposer un art
« populaire et exigeant » de ceux qui l’ont précédé dont Erwin Piscator ou Benno Besson, devient un des épicentres de la contre-culture berlinoise, produit quelques-uns des artistes les plus singuliers de l’époque (Christoph Marthaler, Christian Schlingensief, René Pollesch…) et sa réputation est internationale. L’exposition, composée à partir d’une cinquantaine d’images du photographe berlinois Thomas Aurin qui a suivi les années Volksbühne de Castorf et de citations du metteur en scène, revient sur la façon dont ce théâtre reformule les questions théâtrales liées au réalisme, au conflit contradictoire, à la scénographie, au jeu de l’acteur ou à l’histoire récente européenne.

Téléchargez le programme de l’exposition ici.

tRéserver
je m'abonne!Tarifs préférentiels,
priorité de réservation
je suis abonnéJe complète mon abonnement ou j'échange mon billet
Je complète mon
abonnement
J'ajoute
ce spectacle
J'échange
mon billet
Cette option n'est
pas disponible
je réserve
sans abonnement
fermer
MER.19 | JEU.20 | VEN.21 FÉV.
À 19H | SAUF VEN. À 20H30
4H (avec entracte)
1ère partie 2h15 | Entracte 20 MIN | 2ème partie 1h25

dès 16 ans
LIEUGRANDE SALLE

TARIF A

?×
Plein tarif Tarif réduit Tarif abonné Tarif abonné réduit Tarif -12 ans
A+ 30 25 25 12 10  €
A 26 21 21 10 8  €
B 23 18 18 10 8  €
C 19 14 14 10 8  €
P&G 10 10 10 10 8  €
TS Tarif spécial
TAS Tarif A Auditorium Seynod
(27 € / 20 € / 16 € / 10 € / 7 €)
TAS Tarif B Auditorium Seynod
(21 € / 14 € / 16 € / 10 € / 7 €)
TU Tarif unique
EL Entrée libre

mise en scène et adaptation Frank Castorf
textes Jean Racine, Antonin Artaud et des citations additionnelles de Pascal et Dostoïevski
avec Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin, Adama Diop, Mounir Margoum, Claire Sermonne, Andreas Deinert
scénographie Aleksandar Denic
costumes Adriana Braga Peretzki
vidéo Andreas Deinert
musique William Minke
lumière Lothar Baumgarte
assistantes mise en scène Hanna Lasserre, Camille Logoz (stage), Camille Roduit (stage)
assistante à la scénographie Maude Bovey (stage)
assistante costumes Sabrina Bosshard
régie générale Martine Staerk
régie plateau Stéphane Devantéry
régie lumière Jean-Baptiste Boutte
régie son Janyves Coïc
perchman Glenn Zao
régie vidéo Victor Hunziker
régie habillage Camille Aït Allouach

 

 

production Théâtre Vidy-Lausanne, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
coproduction Bonlieu, Scène nationale Annecy, ExtraPôle Région SUD* et le Grand Théâtre de Provence avec le soutiende la Friche Belle de Mai, Festival d’Automne à Paris, Théâtre national de Strasbourg, Maillon Théâtre de Strasbourg Scène européenne, TANDEM Scène nationale Douai, TNA / Teatro nacional Argentino Teatro Cervantes, Emilia Romagna Teatro Fondazione

 

*Plateforme de production soutenue par la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur rassemblant le Festival d’Avignon, le Festival de Marseille, le Théâtre national de Nice, le Théâtre national de la Criée, Les Théâtres, Anthéa, La Scène nationale Liberté-Châteauvallon et la Friche la Belle de Mai

 

avec le soutien de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture

 

création le 30 octobre 2019 au Théâtre Vidy-Lausanne

 

avec les équipes de production, technique, communication et administration du Théâtre Vidy-Lausanne

Ce spectacle est soutenu par le projet PEPS Annecy – Chambéry – Genève – Lausanne dans le cadre du programme Européen de coopération transfrontalière Interreg France- Suisse 2014-2020.

Frank Castorf est né le 17 juillet 1951 à Berlin-Est. De 1976 à 1978, il est dramaturge au Bergarbeiter theater de Senftenberg et présente ses premiers spectacles. À la suite d’un blâme, il est « expédié » à Anklam, où il crée, avec son propre ensemble indépendant, des productions qui interpellent. Loin de vivre cet exil comme une mise au ban, il en fait les conditions d’élaboration d’une méthode esthétique et politique. Il parviendra également à défendre leur liberté de création en entretenant un mélange de curiosité fascinée et de suspicion auprès du pouvoir communiste et des notables locaux. Sa mise en scène des Tambours dans la nuit (Trommeln in der Nacht) de Bertolt Brecht y est suspendue. Après la représentation d’Une maison de poupée d’Ibsen (1985), une procédure disciplinaire se solde par la fin de son contrat. À partir de 1989, ses mises en scène sont jouées dans toute l’Allemagne. Il est nommé directeur général du Deutsches Theater Berlin en 1990, puis de la Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz à Berlin-Mitte de 1992 à 2017. Il y poursuit l’héritage d’un théâtre populaire et exigeant légué par ceux qui l’ont précédé. Rassemblant autour de lui une équipe de dramaturges, scénographes, acteurs et metteurs en scène jeunes et inventifs, il fait de la Volksbühne un lieu de création, de liberté et d’engagement contre la fatalité d’une société excluante, alternant spectacles, conférences et concerts. Le théâtre de Castorf, nourri de la contre-culture rock et du cinéma autant que de la vie urbaine et de l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe, s’intéresse à la situation sociale et politique contemporaine. Avec le scénographe Bert Neumann, il développe un « art total » mobilisant l’ensemble des techniques théâtrales, dont la vidéo en scène, au plus près des comédiens. Sa confiance dans la collaboration avec un ensemble d’acteurs venus d’horizons divers l’amène à créer des spectacles hors-normes, tant au niveau des décors, des durées que de l’inventivité libre déployée – des productions qui restent parfois plusieurs saisons à l’affiche. Ses mises en scène ont été récompensées à de nombreuses reprises, en Europe comme en Amérique latine.

« Quatre heures de théâtre furieuses, fiévreuses, grotesques, composites, inégales, dopées à l’adrénaline et à la dérision. »
Le Monde, Fabienne Darge, 5 DÉC. 2019

PEPS
À voir aussi

Distributions Crédits

mise en scène et adaptation Frank Castorf
textes Jean Racine, Antonin Artaud et des citations additionnelles de Pascal et Dostoïevski
avec Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin, Adama Diop, Mounir Margoum, Claire Sermonne, Andreas Deinert
scénographie Aleksandar Denic
costumes Adriana Braga Peretzki
vidéo Andreas Deinert
musique William Minke
lumière Lothar Baumgarte
assistantes mise en scène Hanna Lasserre, Camille Logoz (stage), Camille Roduit (stage)
assistante à la scénographie Maude Bovey (stage)
assistante costumes Sabrina Bosshard
régie générale Martine Staerk
régie plateau Stéphane Devantéry
régie lumière Jean-Baptiste Boutte
régie son Janyves Coïc
perchman Glenn Zao
régie vidéo Victor Hunziker
régie habillage Camille Aït Allouach

 

 

production Théâtre Vidy-Lausanne, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
coproduction Bonlieu, Scène nationale Annecy, ExtraPôle Région SUD* et le Grand Théâtre de Provence avec le soutiende la Friche Belle de Mai, Festival d’Automne à Paris, Théâtre national de Strasbourg, Maillon Théâtre de Strasbourg Scène européenne, TANDEM Scène nationale Douai, TNA / Teatro nacional Argentino Teatro Cervantes, Emilia Romagna Teatro Fondazione

 

*Plateforme de production soutenue par la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur rassemblant le Festival d’Avignon, le Festival de Marseille, le Théâtre national de Nice, le Théâtre national de la Criée, Les Théâtres, Anthéa, La Scène nationale Liberté-Châteauvallon et la Friche la Belle de Mai

 

avec le soutien de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture

 

création le 30 octobre 2019 au Théâtre Vidy-Lausanne

 

avec les équipes de production, technique, communication et administration du Théâtre Vidy-Lausanne

Ce spectacle est soutenu par le projet PEPS Annecy – Chambéry – Genève – Lausanne dans le cadre du programme Européen de coopération transfrontalière Interreg France- Suisse 2014-2020.

Biographie

Frank Castorf est né le 17 juillet 1951 à Berlin-Est. De 1976 à 1978, il est dramaturge au Bergarbeiter theater de Senftenberg et présente ses premiers spectacles. À la suite d’un blâme, il est « expédié » à Anklam, où il crée, avec son propre ensemble indépendant, des productions qui interpellent. Loin de vivre cet exil comme une mise au ban, il en fait les conditions d’élaboration d’une méthode esthétique et politique. Il parviendra également à défendre leur liberté de création en entretenant un mélange de curiosité fascinée et de suspicion auprès du pouvoir communiste et des notables locaux. Sa mise en scène des Tambours dans la nuit (Trommeln in der Nacht) de Bertolt Brecht y est suspendue. Après la représentation d’Une maison de poupée d’Ibsen (1985), une procédure disciplinaire se solde par la fin de son contrat. À partir de 1989, ses mises en scène sont jouées dans toute l’Allemagne. Il est nommé directeur général du Deutsches Theater Berlin en 1990, puis de la Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz à Berlin-Mitte de 1992 à 2017. Il y poursuit l’héritage d’un théâtre populaire et exigeant légué par ceux qui l’ont précédé. Rassemblant autour de lui une équipe de dramaturges, scénographes, acteurs et metteurs en scène jeunes et inventifs, il fait de la Volksbühne un lieu de création, de liberté et d’engagement contre la fatalité d’une société excluante, alternant spectacles, conférences et concerts. Le théâtre de Castorf, nourri de la contre-culture rock et du cinéma autant que de la vie urbaine et de l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe, s’intéresse à la situation sociale et politique contemporaine. Avec le scénographe Bert Neumann, il développe un « art total » mobilisant l’ensemble des techniques théâtrales, dont la vidéo en scène, au plus près des comédiens. Sa confiance dans la collaboration avec un ensemble d’acteurs venus d’horizons divers l’amène à créer des spectacles hors-normes, tant au niveau des décors, des durées que de l’inventivité libre déployée – des productions qui restent parfois plusieurs saisons à l’affiche. Ses mises en scène ont été récompensées à de nombreuses reprises, en Europe comme en Amérique latine.

La presse en parle

« Quatre heures de théâtre furieuses, fiévreuses, grotesques, composites, inégales, dopées à l’adrénaline et à la dérision. »
Le Monde, Fabienne Darge, 5 DÉC. 2019

PEPS
À voir aussi